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Bain de neige pour ma Ra Clicky!

23 janvier 2011

Aujourd’hui petite balade à Montréal par – 20 °C, heureusement sans vent mais avec un beau soleil.

L’occasion pour moi de m’essayer à la prise de photos extérieures de ma HDS Ra Clicky 140GT — nom de code barbare pour cette petite lampe torche américaine très solide, bien finie et presque entièrement programmable.

HDS Ra Clicky dans la neige

Histoire d’un sauvetage (par Agnès D.)

11 août 2010

Paquets de mèches

On a tous entendu parler un jour ou l’autre de ces « sauvetages » de stocks d’objets anciens jamais utilisés et qui dormaient dans une cave ou un grenier depuis des années, avant d’être découverts par un brocanteur ou un amateur.

Par exemple, on m’a récemment conté l’histoire de plusieurs dizaines de postes de radio militaires de la Seconde Guerre Mondiale — encore sous emballage — que gardait chez lui un ancien électronicien qui attendait toujours que l’armée des États-Unis vienne les chercher (il ne voulait pas s’en séparer, expliquant que « ça appartient aux Américains »).

Voilà une autre histoire, celle d’un stock de mèches et de verres de lampes de tous formats qu’Agnès, une amoureuse des vieilles choses, a récupéré et mis en vente sur un site d’annonces afin de permettre aux possesseurs de lampes anciennes de les faire revivre. Merci Agnès!

* * *

Imaginez une ville construite sur une butte assez haute. C’était une ville presque ronde autrefois, entourée de remparts. Maintenant, ce sont des boulevards qui l’encerclent. Il y a la vieille ville et la « banlieue ».

La butte était optimisée par un réseau de caves, de souterrains, aussi important que les bâtiments aériens.

J’habite aux confins de la banlieue. Ma maison est la dernière au nord. Après ma haie, ce sont les champs et les volcans d’Auvergne à l’horizon.

Le cœur de la vieille ville est coupé en quatre par deux grandes rues qui se croisent au coin des Taules, autrefois très commerçantes. J’y ai vécu, enfant, au troisième étage au-dessus d’un grand magasin de vêtements, dans les années 50. J’ai connu les pavés qui rendaient les rues glissantes et bosselées, les boulangeries et les nombreuses petites épiceries qui débordaient de cageots et de bidons; j’ai connu l’effervescence des jours de marché ou de foire; j’ai connu les voitures qui pouvaient se garer facilement et l’affluence des habitants qui se promenaient en léchant les vitrines. Aujourd’hui et depuis quelques décennies, le centre est réservé aux piétons et il se désertifie : il n’y a plus guère de magasins, les centres commerciaux ont essaimé aux alentours. Les épiceries ont fermé l’une après l’autre. Les boulangeries aussi. Les quincailleries à « l’ancienne » aussi.

Il y avait autrefois quatre quincailleries, qui proposaient de tout : de la vis au grillage à poule, de la casserole à la pierre à meuler, du verre de lampe aux bouchons en liège,…

Celle dont je vais vous parler avait pignon sur rue depuis 1870. Elle occupait tout un immeuble dans la rue la plus animée de la cité. Sa devanture verte, en bois mouluré, tenait une vingtaine de mètres de long. C’était une caverne d’Ali Baba.

Elle a fermé à la fin des années 70.

Mon voisin est un homme qui déborde d’énergie et s’intéresse à plusieurs domaines en dehors de son travail régulier.

Une personne l’a contacté, il y a quelques mois, afin de faire l’état des lieux d’un immeuble à vendre. Il l’a visité. La personne lui a demandé s’il connaissait quelqu’un qui puisse vider les appartements et les caves. Celles-ci étaient remplies d’un bric-à-brac qui aurait effrayé tout un chacun. C’était le stock de l’ancienne quincaillerie ou du moins, ce qu’il en restait après la fermeture, et les appartements du propriétaire d’alors.

Mon voisin a décidé, afin d’arrondir sa fin de mois, de prendre à sa charge le nettoyage par le vide de cet immeuble, afin de le rendre propre et net, lors de la vente.

Me sachant amoureuse des objets du passé, il est donc venu me trouver il y a trois semaines, afin de m’offrir quelques poignées de tiroirs en bois, et des rosaces en laiton. Ébahie devant ces objets anciens et introuvables en grande surface de bricolage, j’ai voulu en savoir davantage. Il venait juste de commencer son « déménagement ». Je me suis rendue avec lui dans les caves voûtées et là, j’ai découvert un paradis en sous-sol, enterré depuis presque 40 ans, où il a fallu amener la lumière, car il n’y avait que quelques rares et chiches ampoules pour éclairer des caves sur trois niveaux de 200 mètres carrés chacun.

J’y ai passé deux semaines à trier ce qui pouvait être sauvé. Mon voisin, son fils, le mien et quelques copains de ceux-ci devaient faire le vide rapidement. J’étais chargée de faire l’inventaire, en tant « qu’expert » en antiquités, des objets susceptibles d’être de quelque valeur. Les choix, devant l’urgence, ont été cornéliens : tout ce que je n’emmenais pas à ma voiture était mis dans une grande remorque et partait à la déchetterie…

Mon garage, ma cour sont encombrés d’un trésor de choses aussi diverses que des seaux à charbon, une cage à poule, une bascule romaine, des flacons de pharmacien, des outils dont je ne connais pas l’usage, des caisses de bouchons, et… des verres de lampes (dont plusieurs dizaines trempent dans des seaux, dans ma lingerie au sous-sol, car ils étaient couchés à même des planches pourries, recouverts de poussière et de saletés), des mèches pour lampes, tout un assortiment de pointes, des clous divers,…

Je passe un temps fou à essayer de tout répertorier. Je ressors de mes investigations, couverte de poussière, mais heureuse comme une enfant le matin de Noël.

Je suis heureuse d’avoir pu sauver une infime partie de ces souvenirs.

Si je peux en faire profiter des personnes qui recherchent ces objets introuvables de nos jours, j’en suis encore plus heureuse.

Ce n’est pas la FIN de l’histoire, puisque il y aura une suite… La Renaissance de tous ces objets qui vont pouvoir revivre!

Vous connaissez, maintenant, l’origine de mon « trésor de guerre ». Quel travail harassant! Quelle poussière! Quels soucis! Quels choix difficiles, déprimants et éprouvants!

Mais quelle joie de pouvoir redonner la vie!

Verres et mèches

Texte et photos © Agnès D., juillet 2010