Ambiance intimiste ce matin dans le métro

19 novembre 2010 by

Panne d'alimentation dans le métro montréalais

J’habite à Montréal et prends le métro pour aller travailler. Je sais, c’est bien banal. En tout cas, je croise tous les jours l’éclat bizarre des lampes à vapeur de mercure qui équipent encore les stations montréalaises : qu’elles soient à ballon fluorescent ou à verre clair, la STM (compagnie des transports locale) les a récemment changées et on se retrouve dans une ambiance trop brillante, artificielle et très « Expo 67 ».

Mais ce matin, c’était bien plus intimiste car il faisait tout sombre dans le métro : les trois quarts — et sans doute plus — des lampes étaient éteintes. Comme si seul l’éclairage de sécurité était encore vivant. Avec certains bouts de quai carrément dans la pénombre!

— Mais quelle en est la raison? ai-je demandé au premier agent rencontré.

Sa réponse :

— Problème d’alimentation. Si on ne fait pas ça, c’est tout le métro qui saute!

— Bon choix, lui ai-je spontanément répondu.

J’ai décidément adoré cet éclairage minimaliste parfait pour ceux qui ne sont pas du matin!

« Sous la lampe » : exposition et conférence pour un voyage dans le temps!

7 novembre 2010 by

Debat-Ponsan - Avant le balLe musée de Saint-Maur (tout près de Paris) organise jusqu’au 16 janvier l’exposition « Sous la lampe. Peintures de 1830 à 1930 ».

Le principe : exposer côte à côte des lampes de l’époque faste de l’éclairage à flamme et des peintures qui les mettent en situation.

Pourquoi « l’époque faste »? Parce que jusqu’à la fin du XVIIIe siècle l’éclairage était soit faiblard et ponctuel (petite lampe à huile ou chandelle), soit confortable mais très diffus (multiplication des bougies dans les riches demeures). Les années 1830 voient se démocratiser de nouvelles lampes éblouissantes qui suffisent à éclairer une pièce : c’est la flamme du gaz d’éclairage, c’est la lampe Carcel ou à modérateur, et c’est 50 ans plus tard la fameuse lampe à pétrole ou à « huile de charbon ».

Les peintres explorent alors ce nouveau rapport à la lumière : ces lampes surmontées de globes dépolis ou d’abat-jour deviennent d’imposants objets décoratifs qui offrent un subtil jeu d’ombres et de lumières.

C’est cette démarche que retrace l’exposition de Saint-Maur. C’est aussi et surtout une belle occasion pour le collectionneur de lampes de redécouvrir ses objets favoris à travers les yeux de leurs contemporains, et pour l’amateur de belles toiles de voir ces lampes en vrai et de se faire son idée de la démarche du peintre.

À ne pas manquer le dimanche 21 novembre à 16 h 00 : la conférence de M. Ara (le spécialiste français des lampes à flamme!) qui vous racontera la belle histoire des techniques d’éclairage (de la chandelle à ces lampes méconnues qui éclairaient comme une ampoule moderne) et de leur rôle essentiel dans la vie quotidienne de nos arrières-grands-parents.

Une belle occasion de s’en mettre plein les yeux et d’apprendre plein de choses! Et j’oubliais : c’est gratuit!

Pour en savoir plus

Et aussi :

Des fleurs au parfum de mercure

21 octobre 2010 by

Fleurs fluocompactes (publicité Hydro-Québec)

L’autre jour en feuilletant le journal dans le métro, je suis tombé sur cette publicité — que j’ai vue sur le quai un peu plus loin, sous forme d’affiche.

J’aurais pu la trouver belle, poétique. Aurais-je dû?

En vérité je l’ai trouvée troublante. Très troublante. J’ai immédiatement ressenti un goût malsain dans la bouche pendant que j’imaginais mon sang se parer de reflets métalliques et s’empoisonner lentement…

— Car ces fleurs, en fait, ont un amer parfum de mercure.

Ces lampes « à économie d’énergie » ont envahi les magasins et les demeures. Le grand public commence tout juste à l’apprendre : ces jolis tubes fluorescents miniaturisés et torsadés contiennent en fait du… mercure. Oui, ce mercure si toxique qu’on a eu tant de mal à retirer d’objets aussi banals que les thermomètres et les piles.

Qui n’a jamais cassé une ampoule? Qui recycle ses fluocompactes qui durent à peine plus qu’une lampe classique malgré les promesses des fabricants?

Lorsque je vois cette publicité, lorsque je vois ces fleurs de verre et de plastique, je sais qu’un jour ou l’autre je respirerai leur parfum métallique…

Un peu de soleil dans les cavernes

27 août 2010 by

Je vais parfois voir quels mots-clefs ont amené mes visiteurs sur ce blogue. Deux recherches sont récurrentes : « lumens lux candelas » et « éclairage led spéléo ».
Ouf! j’ai un article pour la première, mais je devrai me mettre au boulot pour la seconde!

Sous les pavés, la Scurion

À défaut de comparatif sérieux et objectif, voici un court time-lapse qui donne une idée réaliste de l’éclairage d’ambiance et du spot offerts par une frontale spéléo, suisse et haut de gamme : la Scurion. Ces photos montrent les galeries étroites et sinueuses des carrières qui courent sous Paris (celles qu’on appelle improprement « catacombes », surtout quand on est touriste).


Sous Paris, la Vie
À propos de la musique : 604 de Brian Scott Bennett; Directional Space Music (BMI); compositeur : Brian Scott Bennett (BMI).

Frontale spéléo Scurion montée sur le casque Armour de Camp

Frontale spéléo Scurion montée sur le casque Armour de Camp
(casque loin devant ses concurrents en termes de légèreté et surtout de confort).

Différents modes d'une Scurion

Tête de la frontale spéléo Scurion,
avec l’une ou l’autre de ses multiples leds : spot, veilleuse ambre, niveaux de batterie, grand angle.

Scurion ou chandelle sur le casque?

Si vos finances le permettent, oubliez les frontales du (super)marché ou du Déca-Sport car elles manquent franchement d’optimisation : leds dépassées, faisceau étroit (qui oblige à tourner la tête continuellement, bien loin du confort de l’acétylène), régulation approximative, matériaux douteux, etc.

À moins de préférer les captrices de la dudulle à carbure ou d’être capable de bricoler soi-même la meilleure frontale du monde, pourquoi ne pas se tourner vers les spéléos qui en conçoivent pour les spéléos?

Citons quelques modèles semi-artisanaux :

  • Scurion : le top du top qui combine lumière d’ambiance façon acéto et tableau de bord façon navette spatiale.
    Pour les riches, les geeks et les photographes!
  • Ledlampe IV (TechTonique/Michel Demierre) : simple mais optimale, sans concession sur les lumens ni sur les fonctionnalités.
    Pour ceux qui ne voient pas pourquoi un éclairage à led devrait coûter plus cher qu’un éclairage à l’acétylène!
  • Viper Light : dans la lignée de la Scurion, plus compacte mais qui clignote aussi de partout; hélas! les forums en parlent peu…
    Pour ceux qui veulent la tester et m’en donner des nouvelles!
  • Stenlight : une frontale compacte et basique, malheureusement sans indication du niveau de décharge ni réelle protection des batteries lithium-ion.
    Pour les explorateurs urbains qui ne dépassent pas les quelques heures sous terre et pour les inconscients qui mettent la batterie dans leur casque (et je suis sérieux, certains le font — avez-vu toutes ces vidéos de batteries qui explosent lors d’un choc un peu fort ou d’un court-circuit?).

Et surtout, n’oubliez pas votre vieille Tikka comme lampe de secours!

Histoire d’un sauvetage (par Agnès D.)

11 août 2010 by

Paquets de mèches

On a tous entendu parler un jour ou l’autre de ces « sauvetages » de stocks d’objets anciens jamais utilisés et qui dormaient dans une cave ou un grenier depuis des années, avant d’être découverts par un brocanteur ou un amateur.

Par exemple, on m’a récemment conté l’histoire de plusieurs dizaines de postes de radio militaires de la Seconde Guerre Mondiale — encore sous emballage — que gardait chez lui un ancien électronicien qui attendait toujours que l’armée des États-Unis vienne les chercher (il ne voulait pas s’en séparer, expliquant que « ça appartient aux Américains »).

Voilà une autre histoire, celle d’un stock de mèches et de verres de lampes de tous formats qu’Agnès, une amoureuse des vieilles choses, a récupéré et mis en vente sur un site d’annonces afin de permettre aux possesseurs de lampes anciennes de les faire revivre. Merci Agnès!

* * *

Imaginez une ville construite sur une butte assez haute. C’était une ville presque ronde autrefois, entourée de remparts. Maintenant, ce sont des boulevards qui l’encerclent. Il y a la vieille ville et la « banlieue ».

La butte était optimisée par un réseau de caves, de souterrains, aussi important que les bâtiments aériens.

J’habite aux confins de la banlieue. Ma maison est la dernière au nord. Après ma haie, ce sont les champs et les volcans d’Auvergne à l’horizon.

Le cœur de la vieille ville est coupé en quatre par deux grandes rues qui se croisent au coin des Taules, autrefois très commerçantes. J’y ai vécu, enfant, au troisième étage au-dessus d’un grand magasin de vêtements, dans les années 50. J’ai connu les pavés qui rendaient les rues glissantes et bosselées, les boulangeries et les nombreuses petites épiceries qui débordaient de cageots et de bidons; j’ai connu l’effervescence des jours de marché ou de foire; j’ai connu les voitures qui pouvaient se garer facilement et l’affluence des habitants qui se promenaient en léchant les vitrines. Aujourd’hui et depuis quelques décennies, le centre est réservé aux piétons et il se désertifie : il n’y a plus guère de magasins, les centres commerciaux ont essaimé aux alentours. Les épiceries ont fermé l’une après l’autre. Les boulangeries aussi. Les quincailleries à « l’ancienne » aussi.

Il y avait autrefois quatre quincailleries, qui proposaient de tout : de la vis au grillage à poule, de la casserole à la pierre à meuler, du verre de lampe aux bouchons en liège,…

Celle dont je vais vous parler avait pignon sur rue depuis 1870. Elle occupait tout un immeuble dans la rue la plus animée de la cité. Sa devanture verte, en bois mouluré, tenait une vingtaine de mètres de long. C’était une caverne d’Ali Baba.

Elle a fermé à la fin des années 70.

Mon voisin est un homme qui déborde d’énergie et s’intéresse à plusieurs domaines en dehors de son travail régulier.

Une personne l’a contacté, il y a quelques mois, afin de faire l’état des lieux d’un immeuble à vendre. Il l’a visité. La personne lui a demandé s’il connaissait quelqu’un qui puisse vider les appartements et les caves. Celles-ci étaient remplies d’un bric-à-brac qui aurait effrayé tout un chacun. C’était le stock de l’ancienne quincaillerie ou du moins, ce qu’il en restait après la fermeture, et les appartements du propriétaire d’alors.

Mon voisin a décidé, afin d’arrondir sa fin de mois, de prendre à sa charge le nettoyage par le vide de cet immeuble, afin de le rendre propre et net, lors de la vente.

Me sachant amoureuse des objets du passé, il est donc venu me trouver il y a trois semaines, afin de m’offrir quelques poignées de tiroirs en bois, et des rosaces en laiton. Ébahie devant ces objets anciens et introuvables en grande surface de bricolage, j’ai voulu en savoir davantage. Il venait juste de commencer son « déménagement ». Je me suis rendue avec lui dans les caves voûtées et là, j’ai découvert un paradis en sous-sol, enterré depuis presque 40 ans, où il a fallu amener la lumière, car il n’y avait que quelques rares et chiches ampoules pour éclairer des caves sur trois niveaux de 200 mètres carrés chacun.

J’y ai passé deux semaines à trier ce qui pouvait être sauvé. Mon voisin, son fils, le mien et quelques copains de ceux-ci devaient faire le vide rapidement. J’étais chargée de faire l’inventaire, en tant « qu’expert » en antiquités, des objets susceptibles d’être de quelque valeur. Les choix, devant l’urgence, ont été cornéliens : tout ce que je n’emmenais pas à ma voiture était mis dans une grande remorque et partait à la déchetterie…

Mon garage, ma cour sont encombrés d’un trésor de choses aussi diverses que des seaux à charbon, une cage à poule, une bascule romaine, des flacons de pharmacien, des outils dont je ne connais pas l’usage, des caisses de bouchons, et… des verres de lampes (dont plusieurs dizaines trempent dans des seaux, dans ma lingerie au sous-sol, car ils étaient couchés à même des planches pourries, recouverts de poussière et de saletés), des mèches pour lampes, tout un assortiment de pointes, des clous divers,…

Je passe un temps fou à essayer de tout répertorier. Je ressors de mes investigations, couverte de poussière, mais heureuse comme une enfant le matin de Noël.

Je suis heureuse d’avoir pu sauver une infime partie de ces souvenirs.

Si je peux en faire profiter des personnes qui recherchent ces objets introuvables de nos jours, j’en suis encore plus heureuse.

Ce n’est pas la FIN de l’histoire, puisque il y aura une suite… La Renaissance de tous ces objets qui vont pouvoir revivre!

Vous connaissez, maintenant, l’origine de mon « trésor de guerre ». Quel travail harassant! Quelle poussière! Quels soucis! Quels choix difficiles, déprimants et éprouvants!

Mais quelle joie de pouvoir redonner la vie!

Verres et mèches

Texte et photos © Agnès D., juillet 2010

Grand-père Alphide : de la camaille à l’hydro-électricité

18 juillet 2010 by

Il y a quelque temps dans une foire aux livres (tous les livres à un dollar!), je suis tombé sur un petit ouvrage artisanal tapé à la machine : l’Appel de minuit — Préliminaires : grand-père Alphide, publié au Québec dans le milieu des années 50 par L.-P. Tremblay sous le pseudonyme de Paul de Claver.

Intrigué, j’ai parcouru quelques lignes et j’ai tout de suite été séduit.

L'Appel de minuit - couverture et extrait

Le livre se compose d’une pièce de théâtre et de « préliminaires », ces derniers en constituant en fait le coeur et la partie la plus intéressante. Ils racontent la vie d’Alphide Tremblay qui a parcouru le Québec et y a développé plusieurs activités.

L’Appel de minuit est mal écrit mais touchant : style enfantin et naïf, maladresses grammaticales,… on dirait la rédaction scolaire d’un enfant de huit ans! En témoigne la toute première phrase, bancale :

L’APPEL-DE-MINUIT.

« Grand’Père Alphide »

Ce que vous allez lire au début de ce volume, sont les faits authentiques et vécus par celui dont le titre porte le nom: « GRAND’PERE ALPHIDE ».

Mais qu’importe le style! On a ici un récit brut — qu’on espère donc fidèle — du Québec au tournant du XXe siècle.
En voici quelques extraits qui nous permettent d’imaginer l’éclairage dans les régions québécoises à cette époque.

Nous sommes en 1873 à La Tuque (à peu près entre Québec et le lac Saint-Jean) :

6 ans: Le temps des classes, il faut s’y rendre pieds nus du printemps à l’automne, quelques fois jusqu’aux neiges, car ayant tout perdu il y a trois ans, mes parents n’étaient pas riches. A l’automne les jours sont courts, il faut bien étudier à la maison, comment résoudre ce problème? Alors c’est à la lueur rougeoyante du poële que j’essaie de le résoudre, ainsi je ménage la petite chandelle de suif. Un jour mon père ayant été loin, au village, apporta dans une boîte d’occasion, une lampe à l’huile . Quelle invention de génie de l’homme, une lampe à l’huile de charbon capable de nous éclairer le matin et le soir.
Cette nouvelle acquisition fut un grand sujet de curiosité pour tout l’entourage, car nous sommes les seuls à en posséder une. Les gens de passage, le soir devant chez nous, voyant une si grande lumière à travers les vitres, voilà que la curiosité les emporte; ils entrent et s’informent, franchement c’était merveilleux surtout pour nous les jeunes.

L’huile dont on parle ici est minérale (et non végérale ou de baleine) et il s’agit bien du fameux pétrole des « lampes à pétrole » qu’on appelle encore « lampes à huile » au Québec.

Quelques pages plus loin, l’auteur évoque un mode d’éclairage bien plus rustique et moins efficace (Alphide a dans les sept ans et il lui a fallu quitter l’école pour aider sa famille) :

Mon travail consiste à charroyer l’eau avec le gros boeuf noir attelé au joug par les cornes, de la rivière à l’écurie. J’utilise pour cela, une grosse tonne de sirop vide, ouverte du haut et solidement encerclée sur une bacagnolle; une fois cet ouvrage terminé, le soir il faut faire le ménage, alors mon père allume la camaille, (sorte de lumière que l’on fait avec une couenne de lard ou d’un ourlet d’étoffe).

Alphide est maintenant un adolescent plein d’entrain : il quitte La Tuque pour se rendre à Duluth dans le Minnesota et y trouver un travail. Il passe par Montréal et se rend à la gare Viger pour y prendre le train :

Cette gare n’a rien d’attrayant: la salle des pas perdus ne possède comme accomodation que des bancs de madriers, les planchers sont en proportion; sur le mur de petites lampes à l’huile accrochées à des clous et tout le long du mur jusqu’au plafond, une longue traînée noircie par la fumée.

Devenu adulte, Alphide exerce différents métiers dans les bois (bûcheron, trappeur,…) puis finalement retourne dans le nord où il devient grossiste et crée la première « maison de gros » à Hébertville Station au lac Saint-Jean.

Les cultivateurs demandent d’autres produits; après consultation avec mon frère Johnny qui travaillait de coopération avec moi, ainsi qu’un certain curé de la région, j’accepte de la Dominion Co. 20 tonnes de sirop des Barbades au prix de 26 cents le gallon. Par la suite un autre achat additionnel demanda du capital et cette fois non moins nécessaire ce fut l’éclairage; donc il faut de l’huile de charbon absolument.
J’achète alors à l’Imperial Oil 25 barils de 40 gallons qui me furent expédiés dans des barils de bois, mais dû aux conditions atmosphériques 50% de cette huile fut perdue, c’était le genre d’expédition qui se faisait dans le temps même aux endroits éloignés, ce fut alors tout un problème pour compenser ces pertes énormes il me faut donc faire des améliorations, plutôt les inventer, je me fis construire alors un réservoir d’acier carré renforci de barres d’acier aussi à l’intérieur, ce réservoir pouvait contenie 3000 gallons, mais là encore comment livrer cette huile aux marchands éloignés, je me fis construire 50 barils d’acier en grosse tôle galvanisée, d’une capacité de 50 gallons, le marchand en venant chercher d’autre huile faisait l’échange du baril.

La compagnie Imperial Oil ne pouvait comprendre comment je pouvais acheter tant d’huile et en faire la livraison sans perte dans des régions aussi éloignées, pour eux il devait y avoir anguille sous roche, un procédé ingénieux, donc ils dépêchèrent leur ingénieur sur les lieux afin de faire une étude de mon commerce d’huile.
Après information, celui-ci retourne à la compagnie avec son rapport et c’est de là que le baril d’acier parut sur le marché comme moyen efficace pour l’expédition de l’huile et plus tard de celui de la gazoline.

Bien après, aux alentours de 1900, l’hydro-électricité fait son apparition et permet de moderniser les industries locales.

Dans la même année, la récolte du foin fut abondante, l’année suivante la récolte manqua complètement dans le comté de Portneuf et Charlevoix, alors j’achetai une presse à foin, c’était une Hartel Victor, et nous voilà qui presse et nous expédions à mesure de 2 à 3 chars par semaine, ce fut ainsi jusqu’au mois de mai, le reste du temps la presse fut expédiée jusqu’à la Grande-Baie, et parla suite elle fit le tour du Lac St-Jean pour aider les cultivateurs.

Mais l’agrandissement d’Hébertville Station et de son entourage nécessite plus de développements. Il faut de la lumière électrique pour aider au développement de l’industrie. Je pris alors possession des chutes de la Belle Rivière à Hébertville Village soit à 6 milles d’Hébertville Station, j’en pris possession sous des droits d’esquater qui signifiait que loi passée en 1881 que toute personne qui fait du développement sur les terrains non chaînés de la province devenait propriétaire esquater (propriétaire Gratia et indéfini) alors je parcourus le comté pour prendre des parts au prix de $100.00 dollars chaque, j’en vendis pour $8,000.00 piastres ce qui permit les travaux préliminaires, mais il faut des dynamos, des transformeurs, la broche du courant et tous les accessoires utiles au bon fonctionnement d’un pouvoir hydro-électrique. La compagnie qui s’engageait à fournir ces moteurs et les autres marchandises demandait dans le temps $6,000.00 piastres comptant, c’est alors que je convoquai une assemblée d’urgence des actionnaires. Après discussion le secrétaire, Elzéar Ouellette, fut autorisé de solliciter le montant des banques; il se rendit à Chicoutimi et ensuite à Roberval pour nous apprendre au retour que les deux banques refusent le prêt. Une nouvelle assemblée fut convoquée et à l’occasion les membres donnèrent main levée à la Maison Tremblay et Frères de disposer de leur mieux afin de combler les pertes possibles. C’est alors que je me rendis auprès des autorités de la banque de Roberval. Après avoir entretenu une assez longue conversation, j’obtiens sous la garantie de la Maison Tremblay et Frères $3,000.00 dollars avec entente explicite d’obtenir trois autres mille  plus tard car la compagnie électrique exigeait le montant comptant.Donc à mon retour j’envoyais à la compagnie mon chèque au montant de $3,000.00 avec instruction d’expédier les marchandises, et la balance payable C.O.D. pour les trois autres mille .

Ce fut alors une grande joie parmi les gens d’Hébertville Station, et de tout l’entourage, car ils voient la possibilité d’obtenir la lumière électrique aussi les avantages qu’amèneraient ce nouveau développement pour la colonie naissante. « Apparence trompeuse » personne plus que moi-même peut réaliser le danger que comporte financièrement l’organisation d’une telle entreprise à travers une colonie dont l’argent manque si souvent; il est nécessaire d’utiliser toutes les notes de la gamme pour atteindre le but, faire face aux réclamations, à l’entretien et aussi à la finance; de par mon commerce j’en sais quelque chose. Vendre c’est beau lorsque nous ne sommes pas dans l’obligation de faire des échanges. Vendre à crédit lorsqu’il faut acheter comptant; j’eus toujours devant moi cette saison morte, ces hivers interminables, il me fallut donc accepter des échanges à peu près équivalents, ce qui n’est pas toujours facile, un jour je m’aperçus que mon hangar est rempli à craquer de quartiers de boeufs échangés pour des produits vendus de première qualité, non exposé comme le boeuf à des pertes surtout.

Quelques années et aventures plus tard :

Sans prendre de repos nous sommes retournés à Québec et de là nous prîmes le premier train de retour.

Dans l’intervalle le pouvoir électrique d’Hébertville Village allait d’avant, tout marchait rondement, et il fut mis en opération la même année; mais pour les deux premières années, le pouvoir marcha en déficit, et la troisième elle rapporta des profits substantiels aux actionnaires. Ce fut ainsi par la suite, toute l’installation finie et les imprévus construction, etc. elle coûta $16,000.00 piastres.

L’entourage, voyant d’un bon oeil les développements d’Hébertville, ce fut alors une sollicitation des habitants et parents de Grande-Baie d’entreprendre la construction d’un pouvoir électrique pour cet endroit. Ayant déjà eu l’expérience de ma première, je savais tout ce que comportait d’inconvénients cette deuxième entreprise. Sous leurs instances, je leur construisis un pouvoir qui coûta $26,000.00 pour la mettre en fonction; ce fut ma dernière oeuvre au Lac St-Jean.

C’est aux alentours de 1910 qu’Alphide, âgé d’environ 40 ans et lassé de ses activités d’entrepreneur, décide de créer un club privé de chasse et de pêche, et de développer le tourisme dans sa région.

Pour en savoir plus :

» Eugène Corbeil, premier curé de La Tuque
Citations de l’Appel de minuit et photos d’Alphide Tremblay

» L’Appel de minuit sur Open Library
Présentation du livre

» Télécharger L’appel de minuit de Paul de Claver, partie 1 (PDF)
» Télécharger L’appel de minuit de Paul de Claver, partie 2 (PDF)

Spot (par Papoum)

21 juin 2010 by


Quelques professions (bijoutiers, dentellières, cordonniers…), ayant besoin d’un bon éclairage en un point précis, utilisaient pour concentrer la lumière naturelle ou d’une lampe à essence ou d’une lampe à huile, une boule en verre aux trois quarts  remplie d’eau.

Une craie lumineuse!

3 mai 2010 by

Edmund Lam, designer chez CloudRaker et membre du groupe Hexes and Ohs, dessine au tableau noir des étoiles qui brillent dans la pénombre. Mais quel est son secret?

Edmund Lam dessine à la craie lumineuse

Réponse : point de photoshoppage sur cette photo… En fait le dessin est projeté à l’aide d’un projecteur vidéo sur les deux pans de mur d’un petit local peint en noir (peinture pour tableau), et Edmund repasse à la craie les lignes de l’étoile. C’est encore plus beau en vrai qu’en photo!

Lumens, candelas et lux expliqués sous ma douche

29 avril 2010 by

Ampoule dans une ruelle à Montréal

J’y comprends rien!

— Dis papa, c’est quoi les lumens et c’est quoi la différence avec les candelas?

— Comme le dit si bien Wikipédia : « Par définition, 1 lumen correspond au flux lumineux émis dans un angle solide de 1 stéradian par une source ponctuelle uniforme située au sommet de l’angle solide et dont l’intensité vaut 1 candela ». Et « la candela est l’intensité lumineuse, dans une direction donnée, d’une source qui émet un rayonnement monochromatique de fréquence 540 ×1012 hertz (correspondant à une longueur d’onde dans le vide de 555 nm) et dont l’intensité énergétique dans cette direction est précisément 1⁄683 watt par stéradian. »

— PFFF, J’AI RIEN COMPRIS!

Alors on va tâcher d’être moins savant mais plus clair. Pour faire bref :

  • flux lumineux : les lumens indiquent la quantité totale de lumière émise par une source lumineuse, dans toutes les directions à la fois;
  • intensité lumineuse : les candelas désignent la quantité de lumière émise dans une direction donnée;
  • luminance : les candelas/m² permettent de rendre compte de la luminosité de la surface (par exemple, le filament d’une lampe à incandescence est très brillant, tandis que si l’ampoule est dépolie, on sera moins ébloui);
  • éclairement : les lux représentent la quantité de lumière reçue sur une surface, sans aucune indication de la source lumière elle-même (qui peut être aussi bien faiblarde mais proche que très puissante mais lointaine).
Voici l’astuce mnémotechnique d’un lecteur, Pascal Paoli :
  • Candela : C’est   dans cette direction.
  • Lumen : Dans toutes les directions parce que lu mène à tout.
  • Lux : Le luxe, c’est d’être bien éclairé.

Pour commencer…

Imaginons que tu es dans ta douche. Quand tu tournes le robinet, le pommeau diffuse des gouttelettes d’eau.

Imaginons que la lumière, c’est cette eau. L’obscurité, c’est quand ta douche ne crache pas une goutte; la lumière, c’est quand tu t’en reçois plein la face.

Lumens = quantité totale

Tu es d’accord qu’il peut sortir plus ou moins d’eau de ce pommeau de douche. Par exemple quelques gouttes qui vont à peine te mouiller, ou des litres et des litres et tu seras trempé(e) en deux secondes.

Appelons cette mesure les lumens.

Les lumens représentent donc la quantité d’eau qui sort du robinet. Si j’ouvre le robinet à moitié j’aurai 10 lumens, si je l’ouvre à fond j’aurai 20 lumens.

Candelas = quantité, mais pas pareil

Ce que les lumens ne nous disent pas, c’est quelle quantité d’eau tu auras sur la tête (et pas ailleurs).

Si tu as déjà pris une douche dans ta vie, tu as remarqué que certains pommeaux te balancent un jet super fin qui fait bien mal, et que chez d’autres gens tu as de l’eau qui part dans tous les sens et que c’est à peine si tu peux te laver les cheveux.

Et tu as peut-être toi-même un pommeau de douche avec plusieurs positions qui te permet de passer de l’une à l’autre de ces extrêmes. Et pourtant, tu as toujours la même quantité d’eau qui sort : dans un cas, tout va dans la même direction en un jet puissant; dans l’autre cas, tu as un nuage de gouttelettes sans direction précise.

Et c’est là qu’on va parler de candelas. La candela sera notre unité de mesure de l’eau envoyée dans une direction déterminée.

La candela ne va pas te dire si ta douche débite beaucoup ou pas au total : elle va te dire quelle quantité sort dans une direction donnée.

Tu es sous ta douche sous un jet fin : si tu ouvres la bouche dans la direction du jet, tu peux boire; mais tu n’es même pas mouillé si tu te mets à côté.
Maintenant sors dehors et mets-toi devant le gros arroseur automatique du jardin public à côté de chez toi. Tu sais, le gros truc qui arrose une large surface de gazon. Même si tu ouvres la bouche, tu vas seulement avoir un peu d’eau sur la langue, pas assez pour boire. Et ça quel que soit l’endroit où tu es autour de la buse qui crache l’eau, car l’eau est diffusée tout autour.

Et tu es d’accord qu’au total le gros arroseur débite plus que ta petite douche, mais au niveau de ta bouche ce n’est pas pour autant que tu reçois beaucoup d’eau. Par contre si on mettait toute cette eau en un seul jet, ça ferait un sacré Karcher!

On répète donc :
Lumens = quantité d’eau totale qui sort de la douche.
Candelas = quantité d’eau dans une certaine direction.

Lux = quantité reçue

Mais il y a un autre aspect qu’on n’a pas abordé. Si tu approches ta bouche du pommeau de douche, tu peux absorber toute l’eau. Si en revanche tu t’en éloignes, il y a seulement un peu d’eau qui va dans ta bouche, la majeure partie du jet coule autour de toi.

Eh bien on va appeler « lux » cette quantité d’eau reçue, qui dépend en fait des autres facteurs : combien d’eau ta douche débite, quelle est la forme du jet et à quelle distance tu en es. Si tu as une douche qui coule peu mais avec un jet précis et que tu mets ta bouche juste en dessous, tu recevras au final autant d’eau que si tu es sous le gros jet de l’arroseur automatique.

Donc si tu me dis « j’ai reçu 10 lux dans la bouche », ça ne me donne aucune idée de quelle source tu les as eus : un petit jet fin ou un gros jet diffus dont tu n’as absorbé qu’une infime partie. Mais je sais quelle quantité tu as bue.

Indice de rendu des couleurs, température de couleur, c’est quoi ça?

Ça, on en parlera une autre fois! Considère que c’est un peu comme  le « goût » de l’eau, ça rien à voir avec la quantité. Ce qui ne m’empêche pas de mettre une photo pour faire joli :

Lampe de bureau à tubes fluorescents

Retour à la lumière

Relis ce que j’ai écrit mais en l’appliquant à la lumière, en imaginant une lampe et des « grains » de lumière à la place de l’eau.

Les lumens (lm) indiquent le flux lumineux, c’est-à-dire la quantité de lumière totale émise par une lampe, mais sans préciser comment cette lumière est répartie. Une ampoule classique de 40 W offre environ 500 lumens, une ampoule de 100 W dépasse les 1600 lumens.
Cette mesure est toutefois bien pratique pour déterminer la luminosité réelle d’une source de lumière « nue ». Tu sais par exemple qu’une led de 200 lumens éclaire comme deux leds de 100 lumens (oui, les lumens s’ajoutent, même si notre œil perçoit l’écart entre 100 et 200 lumens comme assez minime et non comme « deux fois plus fort »).

Le flux lumineux en lumens permet également d’évaluer l’efficacité (ou le rendement) de cette source : une ampoule à incandescence produit environ 20 lumens par watt (20 lm/w) tandis que les dernières générations de leds dépassent allègrement les 100 lumens par watt (100 lm/w). Pour une même quantité de lumière, la led consomme donc cinq fois moins d’électricité que l’ampoule classique.

Les candelas (cd) correspondent à l’intensité lumineuse, la quantité de lumière émise dans une direction donnée. C’est pour cela qu’on trouve des lampes qui vantent le million de candelas : c’est comme un jet très puissant, mais au final il n’y a pas tellement de lumière qui est émise par l’ampoule; c’est juste que cette lumière est très canalisée.
Pour mes phares de voiture par exemple, peu m’importe la mesure en lumens : ce sont les candelas qui m’intéressent car je veux savoir quelle quantité de lumière j’aurai sur la route, devant moi.

Les deux graphiques ci-dessous montrent la répartition lumineuse de deux lampes différentes :

  • à gauche, toute la lumière est dirigée vers le bas dans un angle de 30°;
  • à droite, la lumière est diffusée autour de la lampe et surtout sur les côtés.

Graphiques d'intensité lumineuse (Thorn Lighting)

Plafonnier Invincible II avec diffuseur prismatique de Thorn
© Thorn (www.thornlighting.fr)
Applique Garbo de Thorn

Autrefois on exprimait la quantité de lumière émise en « bougies » (dont est dérivée la candela) qui est en fait une unité d’intensité et non de flux, ce qui avait du sens parce que toutes les sources émettaient la lumière de la même façon, c’est-à-dire tout autour d’elles sauf à la base (mèche pour les lampes à flamme, culot pour les ampoules électriques) et qu’on pouvait donc comparer les flux en comparant les intensités. Mais maintenant qu’on a des « jets » de lumière de formes différentes, on préfère distinguer les deux mesures.

Parlons maintenant de la luminance. Regarde une ampoule de 60 W claire (verre transparent) : tu es ébloui, le filament est très brillant. Prends maintenant une ampoule qui éclaire autant mais dont le verre est dépoli : le flux est le même (par exemple 800 lumens) et l’intensité lumineuse est la même (les deux ampoules éclairent toutes deux de manière uniforme autour du filament, avec une ombre portée au niveau du culot). Qu’est-ce qui change alors? Réponse : tu seras moins ébloui par l’ampoule dépolie car sa luminosité est répartie sur une plus grande surface. C’est alors qu’on va parler de luminance, qu’on exprime généralement en candelas par mètre carré, ou cd/m² (on aurait tout aussi bien les exprimer par centimètre ou millimètre carré). Plus il y a de candelas émis pour une surface donnée, plus celle-ci est éblouissante.

Et les lux? Les lux (lx) sont l’unité de l’éclairement et me permettent de savoir si ma table de travail est bien éclairée. Tu peux me dire que ma lampe fait 4000 lumens, mais si j’en suis à 1 mètre j’aurai bien plus de lumière que si j’en suis à 10 mètres. Ce qui m’intéresse c’est la lumière que je reçois sur ma table, peu m’importe la quantité totale de lumière émise par la lampe.

L’exemple ci-dessous montre une carte de la répartition des mesures d’éclairement dans un bureau. On voit que l’espace de travail est plus éclairé que le reste de la pièce.

Flux lumineux

Par ailleurs, certains marchands de lampes expriment la puissance lumineuse de leurs produits en lux. Il est évidemment nécessaire dans ce cas de spécifier la distance entre la source et le point de mesure (sinon ça n’a aucun sens) et idéalement de préciser l’étendue de cette surface.

Pour indiquer la puissance d’une lampe, pourquoi alors utiliser les lux plutôt que les candelas, plus appropriés? Plusieurs raisons à cela :

  • un luxmètre ne coûte pas grand chose et la mesure est très facile à prendre (on s’éloigne à la distance voulue et on dirige la cellule du luxmètre vers la source lumineuse, puis on lit la valeur à l’écran — c’est tout!);
  • une valeur en lux est plus parlante pour beaucoup de monde (200 lux sur une table de cuisine, 400 lux sur un plan de travail, etc. : les repères abondent dans la vie courante); des fabricants de lampes de mine citent par exemple 2500 lux à 4 pieds, distance habituelle de travail qui parle aux professionnels concernés (un ami mineur au Québec me racontait justement que « dans les mines c’est comme cela que ça fonctionne, on met la lampe dans un cylindre et au bout il y a un capteur qui nous donne le résultat en lux; chaque mine a un luxmètre, mais personne ne l’utilise vraiment. »);
  • attention marketing douteux! si on prend la mesure d’une lampe torche à 1 cm de la tête, on peut vendre des chiffres impressionnants comme « 100 000 lux » — même si la lampe est miteuse!

Le verre selon Tiffany, jusqu’au 2 juin à Montréal

3 avril 2010 by

Il vous reste un mois pour découvrir l’exposition

Tout le monde connaît les lampes de Louis C. Tiffany — ou au moins les reproductions modernes qu’on voit partout.

Mais le Musée des beaux-arts de Montréal vous invite à un plus grand voyage en vous initiant à l’ensemble du travail du célèbre verrier : lampes de toutes sortes bien sûr, mais aussi splendides vitraux que vous pourrez admirer aussi bien de près que de loin, vases irisés, objets délicats et autres peintures ou esquisses.

Lampes Tiffany

Louis C. Tiffany (1848-1933)
Lampe Pond-lily [Nénuphars]
Vers 1902-1920
Bronze, verre
H. 54,5 cm ; D. 28,5 cm
Musée des beaux-arts de Montréal
Collection Liliane et David M. Stewart
D94.177.1a-m
Photo MBAM
Louis C. Tiffany (1848-1933)
Lampe Wisteria [Glycine]
Dessin de Clara Driscoll (1861-1944)
Vers 1901-1902
Verre, plomb, bronze
H. 68,6 cm ; D. 47 cm
Virginia Museum of Fine Arts, Richmond
Gift of Sydney and Frances Lewis
Photo Katherine Wetzel © Virginia Museum of Fine Arts

Prenez votre dose de beauté!

Pour qui ne s’attarde généralement pas sur les œuvres d’un musée, l’exposition peut paraître trop petite; en revanche, pour qui aime contempler chaque objet et s’en imprégner, la visite sera d’une durée idéale, évitant la saturation.

Les lampes sont bien mises en valeur : les ampoules sous-voltées recréent l’ambiance feutrée des années 1900-1920 tandis que certaines salles plus éclairées vous autorisent à tourner autour des pièces de collection. Vases et bibelots jalonnent le parcours de l’exposition de telle manière que vous passerez de l’un à l’autre sans vous lasser, en étant toujours surpris et en poussant de temps à autre un « ah! » ou un « oh! » de ravissement. La salle des vitraux vous subjuguera d’une autre manière, que vous vous éloigniez ou vous approchiez des murs de lumière.

Les explications appuient la collection d’objets sans s’y substituer et les collaborateurs les plus célèbres de la maison Tiffany sont cités. Bref, un bon dosage de textes intéressants que l’on peut toujours compléter par l’achat d’un livre en sortant (ah!… la boutique de fin d’exposition et ses bacs remplis de colifichets!).

En bref, le Verre selon Tiffany m’a subjugué. J’ai découvert un nouvel univers et mes doutes se sont confirmés : l’art de Tiffany se voit et se vit en vrai, pas en photos. Courez prendre votre dose de beauté!
Lampes Tiffany

Louis C. Tiffany (1848-1933)
Lampe de bureau
Vers 1900-1910
Carreaux de verre turtleback, bronze, cabochons de verre moulé-pressé
29,8 × 16,5 cm
New-York Historical Society
Gift of Dr. Egon Neustadt
Louis C. Tiffany (1848-1933)
Lampe Cobweb [Toile d’araignée]
Dessin de Clara Driscoll (1861-1944)
Vers 1902
Verre, plomb, bronze, mosaïque de verre
H. 74,9 cm ; D. 50,9 cm
Virginia Museum of Fine Arts, Richmond
Gift of Sydney and Frances Lewis
Photo Katherine Wetzel © Virginia Museum of Fine Arts

Renseignements bien pratiques

Jusqu’au 2 mai 2010
Musée des beaux-arts de Montréal
1379, rue Sherbrooke Ouest, Montréal

Mardi : 11 h à 17 h
Mercredis, jeudi, vendredi : 11 h à 21 h
Samedi et dimanche 10 h à 17 h
Fermé le lundi, demi-tarif le mercredi

http://www.mbam.qc.ca/tiffany/