Archive for the ‘Source : huile’ Category

Les calices des prêtres réfractaires

17 janvier 2015

Lampe « des prêtres réfractaires »

Pendant la Terreur (à l’époque de la Révolution Française à la fin du XVIII­e), les prêtres étaient persécutés et devaient se cacher pour éviter soit la déportation (dans les pires conditions que l’on peut imaginer) soit le reniement de leur fonction religieuse pour devenir simple fonctionnaire.

Certains prêtes réfractaires, soutenus et cachés par les villageois fidèles, continuaient d’officier dans la clandestinité. Parmi les objets sacrés qu’ils transportaient, on trouve celui-ci : extérieurement il s’agit d’une lampe à huile végétale sur pied tout à fait banale pour l’époque (voir la 3e lampe de la photo ci-dessous); mais le réservoir se dévisse et révèle non seulement une petite lampe qui se fiche dans un bougeoir, mais aussi (surtout) un calice pour la célébration eucharistique.


Note importante — La seule mention des lampes des prêtres réfractaires que j’ai trouvée est dans l’
Histoire des luminaires, histoire des hommes de Philippe Deitz. L’auteur, qui a compilé les informations de nombreux articles et ouvrages connus et moins connus, n’a pas su me citer sa source concernant ces lampes. À prendre avec des pincettes, donc. Je suis preneur de toute donnée supplémentaire!

Lampe « des prêtres réfractaires »

1, 2 et 4 : lampes possiblement utilisées par des prêtres réfractaires.
3 : lampe standard de la même époque, mais sans réservoir amovible.

Publicités

Des clones de LedLenser… il y a 130 ans!

24 novembre 2014

Tu as peut-être déjà rencontré une de ces lampes torche à led équipée d’une grosse lentille en forme de loupe, au lieu du traditionnel réflecteur et verre plat.

Tu t’es alors dit : « Oh! voilà qui doit être bien performant! ». Eh bien non, le faisceau — même réglable — est trop étroit et trop précisément délimité pour être aussi efficace que celui d’une bonne torche à led.

Tu t’es sans doute aussi dit : « Oh! quel design moderne! voilà qui doit être une réelle innovation! ». Eh bien non, encore une fois. La preuve par l’exemple :

cavannus-lampes-lentille-loupe


1. Petite lanterne de voyage
, comportant dans le pied — qui est rétractable — une petite bougie de diamètre réduit. La lampe est aussi munie deux petit pics à l’arrière qui permettent de l’accrocher sur un tissu, par exemple pour lire dans le train (complétant l’éclairage fourni en 2e classe ou le suppléant en 3e classe — mais lisait-on vraiment dans les wagons inconfortables de la 3e classe?). Les voyageurs achetaient eux-mêmes ces lanternes à la gare ou ailleurs.

Personnellement, je n’ai pas été convaincu par le concept. La cire coule et bloque le ressort qui pousse la bougie vers le haut. Résultat : la lampe s’éteint après un moment.


2. Petite lanterne dite « de voleur »
, celle-ci ayant été en fait utilisée par des douaniers. Elle contient une petite lampe à huile végétale dont la chiche lumière est focalisée par la lentille. La lampe comporte aussi un volet qui permet de masquer complètement la lumière et de la retrouver immédiatement au besoin.

Cette petite lanterne de voleur reste peu efficace en pratique; elle a tendance à fumer (comme sur cette photo d’ailleurs!) et à couler. Cela dit l’efficacité du volet est assez étonnante, la lumière est bien masquée (elle filtre encore un tout petit peu par la cheminée, mais c’est vraiment, vraiment minime).


3. Veilleuse Phare
, petite lampe à huile végétale (olive, canola,…) et mèche de veilleuse. L’huile est contenue dans tout le réservoir en forme de boule et peut brûler plus de 12 heures. La petite flamme est fixe et claire, et la lentille permet de lire facilement ou d’éclairer un passage, une horloge, etc.

Les veilleuses à huile végétale (petite mèche flottante dans une récipient rempli d’huile) étaient encore assez populaires au XIXe, du moins dans les milieux bourgeois et aisés. L’idée brillante de la veilleuse phare est d’utiliser la petite mèche avec porte-mèche de la veilleuse, appliqués à un concept ancien de lampe. La flamme est la plus blanche et la plus fixe que j’ai pu voir avec de l’huile. Et le design général est réussi.

« Sous la lampe » : exposition et conférence pour un voyage dans le temps!

7 novembre 2010

Debat-Ponsan - Avant le balLe musée de Saint-Maur (tout près de Paris) organise jusqu’au 16 janvier l’exposition « Sous la lampe. Peintures de 1830 à 1930 ».

Le principe : exposer côte à côte des lampes de l’époque faste de l’éclairage à flamme et des peintures qui les mettent en situation.

Pourquoi « l’époque faste »? Parce que jusqu’à la fin du XVIIIe siècle l’éclairage était soit faiblard et ponctuel (petite lampe à huile ou chandelle), soit confortable mais très diffus (multiplication des bougies dans les riches demeures). Les années 1830 voient se démocratiser de nouvelles lampes éblouissantes qui suffisent à éclairer une pièce : c’est la flamme du gaz d’éclairage, c’est la lampe Carcel ou à modérateur, et c’est 50 ans plus tard la fameuse lampe à pétrole ou à « huile de charbon ».

Les peintres explorent alors ce nouveau rapport à la lumière : ces lampes surmontées de globes dépolis ou d’abat-jour deviennent d’imposants objets décoratifs qui offrent un subtil jeu d’ombres et de lumières.

C’est cette démarche que retrace l’exposition de Saint-Maur. C’est aussi et surtout une belle occasion pour le collectionneur de lampes de redécouvrir ses objets favoris à travers les yeux de leurs contemporains, et pour l’amateur de belles toiles de voir ces lampes en vrai et de se faire son idée de la démarche du peintre.

À ne pas manquer le dimanche 21 novembre à 16 h 00 : la conférence de M. Ara (le spécialiste français des lampes à flamme!) qui vous racontera la belle histoire des techniques d’éclairage (de la chandelle à ces lampes méconnues qui éclairaient comme une ampoule moderne) et de leur rôle essentiel dans la vie quotidienne de nos arrières-grands-parents.

Une belle occasion de s’en mettre plein les yeux et d’apprendre plein de choses! Et j’oubliais : c’est gratuit!

Pour en savoir plus

Et aussi :

Spot (par Papoum)

21 juin 2010


Quelques professions (bijoutiers, dentellières, cordonniers…), ayant besoin d’un bon éclairage en un point précis, utilisaient pour concentrer la lumière naturelle ou d’une lampe à essence ou d’une lampe à huile, une boule en verre aux trois quarts  remplie d’eau.

Allumoirs d’antan (par Papoum)

24 mars 2010

Voici le billet de Papoum, notre contributeur d’aujourd’hui et collectionneur passionné!

À alcool

Ces allumoirs très simples, sans molettes de réglage de mèches,étaient vendus relativement peu chers. Certains modèles étaient placés au bout de perches pour allumer cierges ou lustres. D’autres, comme décrits dans la publicité ci-dessus possédaient un embout (la clé) pour ouvrir et refermer le robinet de gaz des éclairages publics.

À Essence

À essence et à mèche

Ces allumoirs étaient aussi fixés au bout d’une perche. Souvent sur cette même perche, au dos de l’allumoir, était fixé un petit cône en laiton qui servait d’éteignoir.

À essence et électriques

Cet allumoir utilise une pile bouteille au bichromate de zinc L’électricité produite par cette pile faisait rougir une petite résistance en platine qui à son tour allumait la mèche d’un petit réservoir d’essence. La pile bouteille était à demi remplie d’un électrolyte d’acide sulfurique et de bichromate de potassium. Lorsqu’on appuyait sur la tige on faisait descendre une plaque de zinc (anode) qui se trouvait entre deux plaques de charbons (cathode). Lorsque la plaque de zinc touchait la solution de bichromate, la pile produisait un courant suffisant pour faire rougir la résistance et allumer le briquet.

Un autre allumoir électrique en bakélite, des années 1930, branché sur le secteur (110 V). Lorsque l’on touchait les deux petites lamelles placées dans l’encoche avec le bout métallique, porte-mèche du réservoir, cela mettait en fonction un petit vibreur (on voit le ressort de rappel), portant en son extrémité une rondelle en laiton, qui venant frapper une autre pièce métallique fixe, produisant des étincelles qui allumaient la mèche.

Ces modèles d’allumoir, qui étaient aussi branchés sur le secteur, ont été déclinés en plusieurs dizaines de marques et de formes. On retire « l’allumette » du réservoir d’essence et c’est en la frottant sur les deux peignes métalliques du support, que les étincelles produites, allument la mèche (sur le modèle de droite, entre les deux bornes de branchement du secteur, on aperçoit la « vignette » soudée sur le boîtier).

Sur ce modèle, que l’on trouvait dans les bars et les hôtels, et qui était construit autour d’une lampe pigeon, en tournant le bouton en bakélite, le bouchon se relevait et dégageait la mèche de la lampe tandis que le petit pinceau métallique venait toucher le bec de la lampe et créait suffisamment d’étincelles pour allumer l’essence.

Sur ce modèle mécanique il suffisait de baisser le petit levier ce qui tendait un ressort et lorsque on le relâchait le ressort faisait tourner la molette qui produisait des étincelles qui allumaient le briquet.

À vapeurs d’essence

La mèche intérieure va du réservoir jusqu’en haut du gros tube. Avec une flamme, on réchauffe le tube supérieur, l’essence contenue dans la mèche se vaporise et le gaz sort par le petit tube terminé par un trou calibré. La flamme doit lécher le tube qui enveloppe la mèche afin que sa chaleur permette à la gazéification de se poursuivre.

Taxe décret de 1871

À partir du 4 septembre 1871 la taxe sur les allumettes était étendue au briquets et allumoirs de toutes sortes. Une vignette métallique devait être soudée de façon visible sur tous ces objets. Cet impôt ne fut abrogé que le 31 décembre 1945.

Sources :
• Tarif T.C.D et Cie
• Magazine Ça m’intéresse n° 279 mai 2004
• Photos M. Laurens