1910-2010 : le client a toujours raison (de ne rien y comprendre)

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En allant acheter une simple ampoule dans ton magasin de bricolage préféré, ne t’es-tu pas déjà senti(e) plus désemparé(e) que devant les couches pour bébé? Et n’as-tu pas vu toutes ces petites mamies perdues devant ce mur de formes et couleurs variées, aux étiquetages complexes?

Allons par exemple sur la page Ampoules fluorescentes compactes de Canadian Tire :

Catalogue en ligne Canadian Tire

C’est long, hein?
Et je t’épargne la deuxième page…

On se dit donc qu’il y a 100 ans, c’était tellement plus facile : un bec de gaz ou une bougie, that’s it.

Comment c’était dans le temps?

Considérons l’éclairage typique des appartements urbains en 1900 : le bec de gaz. Chaque bec demandait un manchon (toile qui brillait d’un vif éclat dans la flamme), un brûleur de type Bunsen (comme dans les cours de chimie) et un verre (pour améliorer le tirage). Ça s’appelait un bec Auer et ça donnait ça :

A priori, rien de bien compliqué là-dedans.

Pourtant prenons un catalogue de luminaires à gaz du début du XXe siècle; prenons-en un qui soit simple, et concentrons-nous sur les becs droits (il existait aussi des becs « renversés » en forme de petite ampoule). Après quelques pages introductives, nous arrivons aux manchons :

Neuf sortes de manchons

… qui se déclinent en cinq qualités :

Cinq qualités de manchon

Passons maintenant aux becs :

Divers types de becs Auer

… Et aux verres :

Plus de quarante choix de verres

Bon : pour ta cuisine, quel bec prendrais-tu?

Admettons que tu choisisses celui du milieu, quel manchon mettrais-tu dessus? et quelle qualité de tissage? Et surtout : quel verre? un tout droit, un long ou un court, un avec des trous?… Pas facile, n’est-ce pas?

Et ça, c’est pour l’éclairage à l’incandescence au gaz de ville : je ne parle ni des becs à flamme libre, ni des autres sources de lumière telles que l’acétylène, le pétrole, l’essence, l’alcool, l’électricité (en 1910, déjà de nombreux choix de filaments à carbone et métalliques), etc.

Moralité

Aujourd’hui comme hier, bien s’éclairer n’est pas facile : plus le consommateur a le choix, plus il est perdu. Devrait-on pour autant revenir à l’antique chandelle? Évidemment non : à défaut d’exiger des consommateurs qu’ils soient spécialistes, on devrait exiger des spécialistes qu’ils pensent aux consommateurs. Les fabricants devraient s’astreindre à offrir deux voire trois niveaux de qualité d’ampoules (une qualité « pour le garage » et l’autre « pour la maison ») et à rationaliser les formes en fonction des besoins (quelques modèles de base fonctionnels, les autres étant simplement décoratifs et aussi efficaces que les premiers).

Ainsi, notre petite mamie serait bien éclairée!


Sources :
• catalogue en ligne Canadian Tire, mars 2010;
catalogue de la  Société générale d’incandescence, Paris (non daté);
• photo de bec Auer (bec intensif) : Cavannus.

 

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5 Réponses to “1910-2010 : le client a toujours raison (de ne rien y comprendre)”

  1. Paterson Says:

    oui; j’en convient cela devient plus une « affaire » de consommateur avertie que « lamba ». Mais sachez une chose; c’est que comme l’informatique; nôtre génération demande une connaissance suffisante du domaine. Aux consommateurs de ce renseigner.
    Pour les lampes domestique; je préconise ceux aux LED.
    Car ils sont moins polluant et plus intéressent niveaux économie/longévité. Après faut savoir distinguée les lumens inscrit.

  2. Cavannus Says:

    Il faut toutefois faire une différence entre les lampes bas de gamme à 50 petites leds (mauvais rendement, mauvais IRC, fiabilité douteuse) et les lampes chères mais plus fiables (avec un IRC de 80 ou 85, voire 90 si on considère les Cree XP-G 90 qui imite presque parfaitement l’incandescence).

    Certes le prix est proportionnel à la qualité, mais cela demande au consommateur non seulement une connaissance technique mais aussi un oeil averti capable de distinguer un bon IRC d’un mauvais.

    Toutefois de nombreuses personnes préfèrent les lampes « lumière du jour » et se moquent du rendu de couleurs. Tant mieux, dans un sens.

  3. Paterson Says:

    le consommateur ce fie à ce qui lui inspire la fonctionnalité et inefficacité. Si les médias plébiscite la lampe « philips » toutes personnes ayant un outils médiatique comme la TV; auras certainement le choix de prendre philips parmi toutes la gammes.

    Le magasin joue aussi un rôle prépondérant la dedans;
    car il propose des marques en exclusivité sans réelle choix.

    En Europe par exemple; les produits t-elle que les ampoules sont contrôler; afin de garantir un seuil de qualités.

    c’est un peut comme les médicaments; tu en n’a besoin mais tu te pose pas la questions de la qualités; puis-ce que tu doit le prendre.

    cela explique; certaine erreur dans certaine civilisation.
    a nous de prendre les bons risques. Personnellement j’achète que les marques leaders sur le marché comme sylvania; osram. Cela me suffit amplement dans le domaine pro et domestique.

  4. Internet et éclairage: 3 faits communs | TP1 Says:

    […] cela ne date pas d’hier! J’en parlais dans mon blogue personnel, en 1900 les becs de gaz étaient performants et le consommateur avait le choix : flamme plate dite […]

  5. Internet, digital lamps, blue light and gas lighting Says:

    […] confusion started long ago. I wrote in my personal blog about how well gas lamps worked in the 1900s and how many choices consumers had. There was the flat […]

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