En allant acheter une simple ampoule dans ton magasin de bricolage préféré, ne t’es-tu pas déjà senti(e) plus désemparé(e) que devant les couches pour bébé? Et n’as-tu pas vu toutes ces petites mamies perdues devant ce mur de formes et couleurs variées, aux étiquetages complexes?
Allons par exemple sur la page Ampoules fluorescentes compactes de Canadian Tire :

C’est long, hein?
Et je t’épargne la deuxième page…
On se dit donc qu’il y a 100 ans, c’était tellement plus facile : un bec de gaz ou une bougie, that’s it.
Comment c’était dans le temps?
Considérons l’éclairage typique des appartements urbains en 1900 : le bec de gaz. Chaque bec demandait un manchon (toile qui brillait d’un vif éclat dans la flamme), un brûleur de type Bunsen (comme dans les cours de chimie) et un verre (pour améliorer le tirage). Ça s’appelait un bec Auer et ça donnait ça :

A priori, rien de bien compliqué là-dedans.
Pourtant prenons un catalogue de luminaires à gaz du début du XXe siècle; prenons-en un qui soit simple, et concentrons-nous sur les becs droits (il existait aussi des becs « renversés » en forme de petite ampoule). Après quelques pages introductives, nous arrivons aux manchons :

… qui se déclinent en cinq qualités :

Passons maintenant aux becs :

… Et aux verres :

Bon : pour ta cuisine, quel bec prendrais-tu?
Admettons que tu choisisses celui du milieu, quel manchon mettrais-tu dessus? et quelle qualité de tissage? Et surtout : quel verre? un tout droit, un long ou un court, un avec des trous?… Pas facile, n’est-ce pas?
Et ça, c’est pour l’éclairage à l’incandescence au gaz de ville : je ne parle ni des becs à flamme libre, ni des autres sources de lumière telles que l’acétylène, le pétrole, l’essence, l’alcool, l’électricité (en 1910, déjà de nombreux choix de filaments à carbone et métalliques), etc.
Moralité
Aujourd’hui comme hier, bien s’éclairer n’est pas facile : plus le consommateur a le choix, plus il est perdu. Devrait-on pour autant revenir à l’antique chandelle? Évidemment non : à défaut d’exiger des consommateurs qu’ils soient spécialistes, on devrait exiger des spécialistes qu’ils pensent aux consommateurs. Les fabricants devraient s’astreindre à offrir deux voire trois niveaux de qualité d’ampoules (une qualité « pour le garage » et l’autre « pour la maison ») et à rationaliser les formes en fonction des besoins (quelques modèles de base fonctionnels, les autres étant simplement décoratifs et aussi efficaces que les premiers).
Ainsi, notre petite mamie serait bien éclairée!
Sources :
• catalogue en ligne Canadian Tire, mars 2010;
• catalogue de la Société générale d’incandescence, Paris (non daté);
• photo de bec Auer (bec intensif) : Cavannus.
Tags : ampoule, Auer, bec de gaz, bec droit, bulb, burner, catalogue, cheminée, chimney, fluocompacte, gas, gaslight, manchon, mantle, verre, Welsbach
17 janvier 2012 à 12h44
oui; j’en convient cela devient plus une “affaire” de consommateur avertie que “lamba”. Mais sachez une chose; c’est que comme l’informatique; nôtre génération demande une connaissance suffisante du domaine. Aux consommateurs de ce renseigner.
Pour les lampes domestique; je préconise ceux aux LED.
Car ils sont moins polluant et plus intéressent niveaux économie/longévité. Après faut savoir distinguée les lumens inscrit.
22 janvier 2012 à 20h27
Il faut toutefois faire une différence entre les lampes bas de gamme à 50 petites leds (mauvais rendement, mauvais IRC, fiabilité douteuse) et les lampes chères mais plus fiables (avec un IRC de 80 ou 85, voire 90 si on considère les Cree XP-G 90 qui imite presque parfaitement l’incandescence).
Certes le prix est proportionnel à la qualité, mais cela demande au consommateur non seulement une connaissance technique mais aussi un oeil averti capable de distinguer un bon IRC d’un mauvais.
Toutefois de nombreuses personnes préfèrent les lampes “lumière du jour” et se moquent du rendu de couleurs. Tant mieux, dans un sens.